Le second entretien d’embauche

Découvrez régulièrement sur notre blog des articles écrits par des spécialistes et experts du monde des Ressources Humaines. Nous avons à coeur de donner à ces auteurs une totale liberté totale tant sur le choix des sujets que sur l’angle d’analyse. Découvrez ci-dessous l’article rédigé par Diana Roth, coach en gestion RH, conférencière, et forte de 30 ans d’expérience dans le métier.

Après avoir publié une offre sur une plateforme d‘emploi, vous avez reçu de nombreux dossiers de candidature. Une analyse sommaire a permis une présélection. Quelques candidats adéquats ont été conviés à un entretien d’embauche, auquel tous se sont rendus à l’exception d’une seule personne, franchissant ainsi la première étape du processus de recrutement. Cette première étape a donné lieu à des conversations intéressantes d’égal à égal, qui se sont révélées instructives. En effet, il est clair que certains candidats ne sont pas faits pour le poste. Qu’en est-il à présent? Je vous guide pour le second entretien d’embauche.

Une fois n’est pas coutume

A l’issue de la première étape, vous ET le candidat/la candidate décidez si vous êtes toujours intéressés. Le cercle de candidat(e)s potentiel(le)s se réduit toujours plus. Idéalement, il vous reste à présent trois ou quatre personnes à disposition pour un second entretien, plus intensif. Selon le poste et l’entreprise, vous n’aurez toutefois pas forcément la chance d’avoir un large choix à disposition. En effet, il existe un manque de main-d’œuvre accru dans certains secteurs et pour certaines positions.

Le « Who’s who » du processus de recrutement

Après le premier entretien, de nombreuses entreprises convient également le second supérieur hiérarchique au second entretien d’embauche. Selon la culture d’entreprise, les supérieurs veulent aussi avoir l’avis des membres de l’équipe. Non pas en tant que co-décisionnaires, mais en tant que participants à la recherche d’un nouveau collègue. Même pour la recherche d’un nouveau manager, beaucoup d’entreprises demandent l’avis des collaborateurs. Ce procédé est certes controversé, mais, selon moi, tout à fait sensé. Les collaborateurs ont plus tendance à soutenir les décisions de la direction/des supérieurs s’ils ont été impliqués dans le processus. Il ne s’agit pas de les faire prendre la décision, mais de les faire participer à la recherche d’autres employés. Vous valorisez ainsi les opinions de vos collaborateurs et donnez plus de qualité à votre processus de recrutement.

Cependant, il faut bien garder en tête que l’avis des collaborateurs sur le candidat peut être biaisé par leur esprit de concurrence. Peut-être ce nouveau recrutement met en danger leur pole position au sein de l’équipe? Cela peut arriver lorsqu’un candidat au sein de l’équipe (donc connu) postule. Les responsables RH savent faire bon usage de l’opinion de l’équipe. Attention, ne pensez pas que vous pouvez embaucher votre candidat favori contre la volonté de l’équipe et que cela peut bien se passer. Une telle initiative serait vouée à l’échec. Cependant, il est très important que les collaborateurs n’aient pas accès aux documents de candidature du candidat ni à toutes autres données le concernant. Il faut donc traiter avec précaution les données des candidats.

Que se passe-t-il lors du second entretien?

Après la première sélection, il s’agit d’aller un peu plus loin. Les deux parties précisent les informations échangées lors du premier entretien. Les projets et les tâches sont expliqués de façon différenciée. Ce sont les responsables RH qui mènent le second entretien, en préparant les questions ainsi que le déroulement détaillé de l’entretien. Ce deuxième entretien est également l’occasion de visiter l’entreprise: le candidat ou la candidate peut apprendre à connaître les locaux, l’équipe, s’imprégner de l’ambiance de travail et découvrir son potentiel futur poste de travail.

Un processus de recrutement plus efficace: ne rien laisser au hasard

A l’issue du second entretien, des jours d’essai peuvent être proposés. Les candidats qui n’ont pas encore annoncé leur démission de leur ancien poste pourraient ne pas accepter cette proposition ou demander plus de temps. S’ils acceptent de faire une journée d’essai, leur employeur actuel pourrait apprendre leur intention de changer d’emploi, ce qui peut s’accompagner de certains inconvénients. Le monde du travail est petit, en particulier au sein d’une même branche. Par conséquent, une gestion confidentielle de la candidature doit absolument être garantie.

Les 3 phases du second entretien

Comme pour le premier entretien d’embauche, le second se déroule en trois phases.

La première phase, l’échauffement, est consacrée à la présentation des différents interlocuteurs, du déroulement de l’entretien et de son objectif. Le candidat ou la candidate donne ses impressions sur le premier entretien et pose des questions s’il en a.

Durant la deuxième phase, la plus importante, les nouveaux intervenants posent leurs questions. Certes, les doublons avec le premier entretien sont inévitables. Toutefois, il est intéressant d’observer la façon dont les candidats répondent à la même question lorsqu’elle est posée par une personne d’un niveau hiérarchique égal ou supérieur. Les responsables RH constatent souvent que les candidats se comportent de façon tout à fait différente lors du second entretien et peuvent ainsi tester leur crédibilité, leur authenticité et leur gestion des situations stressantes. Fondamentalement, le deuxième entretien est plus important et décisif que le premier. Par ailleurs, il permet de poser des questions d’approfondissement plus pressantes et plus provocantes.

Enfin, la troisième phase, la phase de conclusion, permet d’approfondir les conditions-cadres et le candidat a la possibilité de poser des questions plus détaillées. Comme lors du premier entretien, il est important d’informer le candidat de la suite du processus de recrutement et de son calendrier exact. Il s’agit d’une démarche juste, qui met en avant le professionnalisme du RH, d’une part, et élargit la marge de manœuvre du candidat ou de la candidate, d’autre part. En effet, il ou elle a probablement assisté à plusieurs entretiens d’embauche et doit également prendre une décision.

Demander des références

Lors du second entretien, au plus tard, il convient de demander le nom de référents. Ces derniers constituent un élément supplémentaire afin de prendre une décision réfléchie après le second entretien. Un conseil: demandez les coordonnées de contact des personnes de référence.

Un processus continu

Tests, évaluations, examen de santé (selon les circonstances), procédure de qualification, jours d’essai, etc. sont souvent fixés à la suite du second entretien pour obtenir un élément de décision objectif supplémentaire.

Les RH sont des vendeurs

Les différents instruments de sélection doivent être fixés suffisamment rapidement après le second entretien. Tout ajournement inutile au cours du processus de recrutement ne peut mener qu’à la perte du candidat favori. Très souvent, les candidats participent à plusieurs processus de recrutement en parallèle. J’envisage le rôle du responsable RH comme celui d’un vendeur diplomate et empathique. Cela signifie aussi que les responsables RH doivent parfaitement conseiller et informer les candidats et répondre de façon détaillée à leurs questions. Ils lèvent les incertitudes, encouragent, se remettent en question et font le lien entre l’entreprise et les candidats. Ils doivent également établir une relation de confiance avec les candidats. A leurs yeux, un recrutement réussi équivaut à une « conclusion de vente ». Par ailleurs, les trop longues hésitations nuisent à l’image de l’entreprise en tant qu’employeur attractif, et donc à sa marque employeur.

Et après le second entretien?

Normalement, la plupart des candidats adéquats choisis reçoivent une proposition d’emploi à la suite du premier ou du second entretien. Les postes de cadres ou tout autre poste-clé ne sont généralement pourvus qu’après un autre entretien avec le conseil d’administration/de fondation. Les candidats retenus ont ainsi la possibilité de se montrer sous un tout autre jour. Pour cela, les candidats reçoivent un travail préparatoire, un projet actuel de l’entreprise à présenter, par exemple. Enfin, le candidat se soumet à des discussions exigeantes avec les décisionnaires.

Quelle que soit la méthode que vous choisissiez pour le second entretien avec vos candidats, veillez à ce que chaque processus de recrutement serve l’image de l’entreprise. Les responsables RH sont les derniers contacts des candidats non retenus avec votre entreprise. Par conséquent, marquez des points avec un refus personnalisé et justifié, caractérisé par la valorisation et la reconnaissance honnête du candidat.

Une réponse positive est envisageable après le second entretien d’embauche si la décision se fonde sur des arguments non seulement subjectifs mais également objectifs. Utilisez pour cela une matrice de décision. Et suivez votre intuition.

Diana RothCoach en gestion RH indépendante depuis 2003 (www.dianarothcoaching.com), Diana Roth se consacre entièrement au domaine qui lui tient à cœur à travers ses activités de conférencière, d’experte, d’auteure et de podcasteure. Forte de 30 ans d’expérience dans le métier, elle soutient les responsables RH et les dirigeants de PME dans les défis qu’ils rencontrent au quotidien en matière de gestion du personnel.

Conseils RH & Checklistes
Découvrez les outils et les conseils pour vos recrutements

Recevez les dernières actualités RH: marché du travail en Suisse, conseils, check-lists, études, enjeux et événements RH.

S'INSCRIRE
xInscription à la newsletter

Rejoignez notre communauté ! Plus de 20’000 entreprises reçoivent régulièrement nos conseils RH pour leurs recrutements.

S'abonner à la newsletter